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| Yann Le Guennec on Fri, 10 Oct 2003 11:53:33 +0200 (CEST) |
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| Re: [nettime-fr] Bonjour : nouvel abonnement à la liste |
Bonjour,
At 22:28 09/10/03, newcecile {AT} voila.fr wrote:
>Concernant les courants artistiques liés à l'informatique, je me considère
>ignorante, mais il est clair que j'attends de ces courants une reflexion
>sur le media, sur la propriété "exécutable" d'un écrit informatique
>(programme) face aux autres médias qui peuvent se "lire" sans être
>exécutés par un tiers, notamment lorsque ce tiers est un ordinateur - cad
>une chose dont les modes d'interprétation sont déterminés - ; j'oublie
>donc volontairement ici la notion d'installation.
C'est peut-être justement là que peut intervenir la notion de sens car si
la machine _interprete_ effectivement une piece de code, c'est pour lui
donner une forme sensible, c-a-d. perceptible par l'homme, elle ne lui
donne jusqu'à aujourd'hui aucun sens. La machine n'est pas (encore ?) la
conscience de l'être humain.
L'interprétation produite par une conscience humaine me semble différente,
propre à chacun, et en tant que dynamique de compréhension, d'appréhension
du réel (réel dont fait partie la forme sensible produite par la machine),
elle donne un sens à ce réel, c-a-d. peut-être la capacité de l'instant
suivant à être également réel, en tout cas la possibilité pour cet instant
d'être pensable dans une certaine continuité.
Cette seconde forme d'interprétation (humaine) repose dans son rapport au
binaire et aux langages de la machine, essentiellement sur le dispositif
d'interprétation de la machine, celui qui donne la forme sensible. Je
comprends donc mal comment on peut faire abstraction de l'installation,
celle-ci étant considérée comme le dispositif spatio-temporel sensible qui
permet le dialogue homme-machine, c-a-d. dans notre cas, le passage, la
transmission réciproque d'une interprétation à une autre, sachant que que
l'une ne produit pas de sens, alors que l'autre oui, nécessairement (le
fait de ne rien comprendre à quelquechose est une réponse à ce besoin vital
du sens produit par l'interprétation, car il est compréhensible de ne pas
comprendre, ça reste sensé et le monde reste pensable).
>En qualité de public ignorant, j'apprécie esthétiquement les travaux de
>quelques graphistes (vieil exemple: Joel Guenoun), Mais je cherche
>d'autres approches dans lesquelles l'informatique est utilisée via le
>*langage*, qui, lorsque ramené au binaire, fige les limites d'une
>interprétation.
je comprends que les limites de l'interprétation puissent être figées dans
un système de logique ou de représentation binaire, c'est pensable au
niveau de la machine dont la capacité d'interprétation peut être délimitée
(même si l'IA me semble chercher à depasser cette limite), mais comment
penser que l'interprétation humaine (productrice de sens en permanence,
eventuellement malgré elle) puisse se limiter dans un champ
d'interprétation figé ? où sont (où pourraient être) par exemple ces
limites par rapport à un objet binaire quelconque ?
Ou alors s'agit-il de prendre le point de vue de la machine? c-a-d. tenter
d'être dans une incapacité d'interprétation productrice de sens, dans une
interprétation déterminée, dans une stricte production de formes et de
calculs impensables ? mais pour pouvoir se mettre dans cette position, il
ne faudrait justement pas être un être humain...
Cordialement,
YLG/ARN
http://www.x-arn.org
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