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| Meryem Marzouki on Sun, 9 Feb 2003 15:54:00 +0100 (CET) |
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| [nettime-fr] Appel a signatures - Petition pour qu'Internet ne devienne pas une zone de non droit |
Bonjour,
Vous êtes sans doute au courant du projet de loi sur l'économie
numérique (LEN). Ce projet reprend la majeure partie des dispositions de
l'ancien projet de loi sur la société de l'information. Il a été adopté
le 15 janvier en Conseil des ministres, et sera examiné en séance
publique par l'Assemblée nationale à partir du 25 février.
Entre autres dispositions que l'association IRIS juge dangereuses dans
ce projet, une question réunit plusieurs acteurs contre elle depuis
longtemps. Il s'agit de la responsabilité civile et pénale des
intermédiaires techniques, et sa conséquence sur les droits et libertés,
ainsi que sur la privatisation de la justice.
Voici les démarches déjà entreprises par l'association IRIS à cet égard:
- Lancement d'une pétition unitaire, proposée à la signature
d'associations, syndicats, mouvements politiques et collectifs, ainsi
qu'aux signatures individuelles (pétition lancée le 5 février avec comme
premiers signataires : IRIS (Imaginons un réseau Internet solidaire),
R {AT} S (Réseau associatif et syndical), Ouvaton (coopérative d'hébergement
de sites web), LDH (Ligue des droits de l'homme), G10 (Union syndicale
G10 solidaires).
- Audition le 7 février par le rapporteur de la Commission des Affaires
économiques de l'AN, M. Jean Dionis du Séjour (rapporteur principal sur
le projet)
- Demande d'audition par la rapporteure de la Commission des lois
(rapporteur pour avis). Pas de réponse à ce jour. D'autres démarches
sont en cours.
Vous trouverez ci-dessous le texte de cette pétition, suivi d'un
communiqué de presse d'IRIS expliquant le sens et l'enjeu de cette
démarche.
Un dossier plus complet est disponible sur notre site:
http://www.iris.sgdg.org/actions/len (LEN)
Le texte de la pétition, déjà signée par une trentaine d'organisations
et près de 300 personnes à titre individuel, se trouve à:
http://www.iris.sgdg.org/actions/len/petition.html
Cordialement,
Meryem Marzouki, présidente d'IRIS
=======
LEN - Pétition pour qu'Internet ne devienne pas une zone de non droit
Une justice privée sur Internet : c'est ce que le gouvernement propose
au Parlement d'instaurer avec son projet de loi sur l'économie numérique
qui reprend en l'aggravant une tentative avortée en 2000.
L'article 2 du nouveau projet vise à modifier le chapitre VI de la loi
sur la liberté de communication qui comprendrait désormais 8 articles
(43-7 à 43-14).
Les articles 43-8 et 43-9 reprennent en substance les dispositions de
l'amendement Bloche invalidées par le Conseil constitutionnel. Ils
portent de la même façon atteinte à la liberté d'expression,
d'information et de communication, à la présomption d'innocence et au
droit à un procès équitable. Ils méconnaissent une fois de plus
l'article 34 de la Constitution.
L'article 43-12 est totalement superfétatoire. L'autorité judiciaire a
exercé à plusieurs reprises les pouvoirs qui lui sont inhérents sans
problème d'application, lors d'injonction de suppression d'un contenu
hébergé en France. Dans le cas du filtrage d'accès à des contenus
hébergés à l'étranger, elle s'est résolue à ne pas les exercer devant
les immenses problèmes juridiques et démocratiques qu'aurait suscité
leur application.
L'article 3 du projet de loi, modifiant le code de la propriété
intellectuelle, est également superfétatoire. Il réaffirme ces mesures
dans le cas spécifique d'un contenu portant atteinte au droit d'auteur
et aux droits voisins.
Par deux fois déjà, le gouvernement et le Parlement ont tenté de
transférer les prérogatives de l'autorité judiciaire pour juger de la
légalité des contenus diffusés publiquement sur Internet par les
citoyens : à une commission administrative en 1996 (amendement Fillon au
projet de loi sur la réglementation des télécommunications) ; à des
sociétés commerciales en 2000 (amendement Bloche au projet de loi sur la
liberté de communication). Dans les deux cas, le Conseil constitutionnel
a invalidé ces dispositions en rappelant gouvernement et Parlement à
leurs devoirs.
Les signataires considèrent qu'il n'est pas concevable, dans un pays
démocratique, de permettre les atteintes aux droits fondamentaux de
citoyens, en préconisant de dissimuler l'objet d'un délit supposé,
plutot que d'en identifier les auteurs et de les sanctionner s'il y a
lieu.
Il n'est pas plus concevable qu'Internet échappe au droit commun et
devienne une zone de non droit. C'est pourtant ce qu'instaureraient les
dispositions citées des articles 2 et 3 du projet de loi sur l'économie
numérique.
En conséquence, les signataires demandent la suppression des articles
43-8, 43-9 et 43-12 introduits par l'article 2 du projet de loi, ainsi
que son article 3 ; ils affirment que l'actuel article 43-8 de la loi
sur la liberté de communication est pleinement à même de « concilier la
liberté de communication d'une part, la protection de la liberté
d'autrui et la sauvegarde de l'ordre public d'autre part », obligation
du législateur constamment rappelée par le Conseil constitutionnel ; ils
notent enfin que les articles 43-10 et 43-11 introduits par l'article 2
du projet de loi viennent pertinemment compléter l'ensemble du
dispositif, rendant ainsi la législation française parfaitement conforme
aux dispositions de la Directive européenne sur le commerce électronique
relatives aux intermédiaires techniques d'hébergement et d'accès.
==========
Agir ensemble contre le projet de loi sur l'économie numérique
Communiqué de presse d'IRIS - 5 février 2003
« Le retour de l'amendement Bloche, en pire », analysait IRIS en
publiant dès le 22 novembre 2002 l'avant-projet de loi sur l'économie
numérique. Le gouvernement persiste et signe dans le projet adopté. Ce
texte sera examiné par l'Assemblée nationale à partir du 25 février.
Plus de mention de l'injonction judiciaire comme condition nécessaire à
la suppression d'un contenu sur Internet. Le fournisseur d'hébergement,
en général une société commerciale, devrait en décider lui-même, dès le
moment où il aurait eu « connaissance effective » du « caractère
illicite » d'un contenu hébergé ou « de faits et circonstances faisant
apparaître ce caractère illicite ». À défaut, il pourrait voir sa
responsabilité civile ou pénale engagée.
Plus besoin de procès. L'intermédiaire technique déciderait de ce qui
est illégal ou non, sur la base de signalement par des tiers agissant
selon leurs intérêts particuliers. Conséquence inéluctable, l'hébergeur
agirait en faveur de la partie la plus susceptible de lui nuire dans le
rapport de force entre le demandeur et celui qui ne serait même plus le
défendeur, puisqu'il n'y aurait plus de droit à la défense.
Quand le juge des référés est mentionné, c'est pour lui conférer le
pouvoir de supprimer la liberté de circulation sur le réseau, au moyen
d'une injonction de filtrage de l'accès des citoyens par les
intermédiaires techniques. En plus de la censure privée d'une
expression, le projet de loi introduit l'interdiction judiciaire de
l'acte de simple consultation d'un contenu sur Internet.
Voilà un projet qui satisfera certainement ceux qui ont toujours réclamé
publiquement ces dispositions : ils sont en effet nombreux ceux à qui
les tribunaux n'ont pas donné raison, en première instance ou en appel.
Le projet les affranchit enfin de ces « petites formalités », qui sont
pourtant le fondement de l'état de droit.
Il ne satisfait pas ceux qui, sur Internet ou ailleurs, défendent les
droits de l'homme, la démocratie et les libertés. Il ne satisfait pas
non plus ceux qui agissent en intermédiaires techniques, et ne veulent
ni faire la police, ni rendre la justice, mais simplement se conformer
au droit et rendre un service à leurs abonnés dans les meilleures
conditions.
Pour qu'Internet ne devienne pas une zone de non droit, IRIS a décidé de
se mobiliser contre plusieurs dispositions du projet de loi sur
l'économie numérique.
Avec intermédiaires techniques du secteur non marchand et coopératif,
organisations de défense des droits de l'homme, fédérations syndicales,
IRIS lance une pétition, ouverte à la signature des personnes et des
collectifs soucieux qu'Internet n'échappe pas au droit commun. Nous vous
invitons à signer et à diffuser le plus largement possible le texte de
cette pétition.
Par ailleurs, IRIS a décidé d'apporter son soutien aux autres
initiatives allant dans le même sens, et a demandé des auditions aux
deux rapporteurs du projet de loi, pour leur faire part des
préoccupations de l'association et de ses propositions alternatives.
Ces préoccupations concernent la responsabilité des intermédiaires
techniques, mais aussi d'autres dispositions, reprises du défunt projet
de loi sur la société de l'information, analysées et contestées par
IRIS. L'association sera déjà auditionnée le vendredi 7 février par le
rapporteur principal du projet, au nom de la Commission des affaires
économiques de l'Assemblée nationale.
Lire et signer la pétition - Pour qu'Internet ne devienne pas une zone
de non droit :
http://www.iris.sgdg.org/actions/len/petition.html
Pétition ouverte aux signatures individuelles et collectives
Premiers collectifs signataires : IRIS, LDH, Ouvaton, R {AT} S, Union
Syndicale G10 Solidaires
Dossier d'IRIS sur la loi sur l'économie numérique :
http://www.iris.sgdg.org/actions/len
Contact IRIS : iris-contact {AT} iris.sgdg.org - Tel/Fax : 0144749239
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--
Meryem Marzouki - http://www.iris.sgdg.org
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